Géraldine Laurent Quartet

En 2015, Géraldine décide de reprendre sa carrière de leader et réunit autour d’elle un groupe rassemblant les étoiles montantes de la nouvelle génération : Paul LAY au piano, Donald KONTOMANOU à la batterie et le fidèle Yoni ZELNIK à la contrebasse. Le disque qui en résulte, At Work, est constitué pour la plus grande partie de compositions personnelles et de quelques standards historiques, tous approchés avec une fraîcheur déconcertante. À entendre le résultat on se demande quel est le secret de Géraldine pour conserver intacte la grande tradition lyrique du jazz tout en la renouvelant radicalement avec autant de naturel et de talent. La réponse est sans doute dans son opiniâtreté à être dans la musique, toujours au travail.
Jeudi 20 août – 21h00 – Salle Nougaro
 

Géraldine Laurent : saxophone
Leonardo Montana : piano
Yoni Zelnik : contrebasse
Donald Kontomanou : batterie 

 
 

Une approche très personnelle du saxophone alto, un jeu incandescent dont les phrases sont empreintes d’un lyrisme toujours surprenant, un son qui n’appartient qu’à elle : Géraldine LAURENT fait partie de ces figures ayant prouvé qu’elles avaient leur mot à dire et que le jazz n’était pas seulement une affaire d’hommes.

Née en 1975 à Niort, Géraldine débute ses études musicales par le piano classique puis avec le saxophone à l’âge de 13 ans. À sa majorité, elle est vite remarquée pour son talent de sidewoman et à 30 ans elle saute le pas pour former son propre groupe, le Time Out Trio, en compagnie du contrebassiste Yoni ZELNIK et du batteur Laurent BATAILLE, avec qui elle écume les scènes nationales et internationales.

Impressionné par la sincérité volcanique de son jeu, le producteur Francis DREYFUS lui propose de rejoindre son label Dreyfus Jazz pour lequel elle enregistre Time Out Trio (2007) et Around Gigi (2010). À la disparition du producteur, Géraldine quitte le label et participe à un collectif autour de la musique de Charlie PARKER en compagnie de Manu CODJIA à la guitare et Christophe MARGUET à la batterie. Ensemble ils enregistrent Looking for Parker (2013), un disque explosif d’une réjouissante modernité. Pendant ce temps elle ne néglige pas ses plaisirs de sidewoman aux côtés d’Aldo ROMANO, Henri TEXIER, Ricardo DEL FRA, Rhoda SCOTT ou Terez MONTCALM.

Géraldine Laurent

Avec son nouveau disque « Cooking », la saxophoniste Géraldine Laurent ajoute à sa carte un nouveau plat, pimenté.
Pour elle, entrer en studio et monter sur scène répond au même processus de création qu’un chef lorsqu’il coiffe sa toque et enfile son tablier :
« L’art culinaire est un art très particulier, assez étonnant, je trouve qu’il a beaucoup de similitudes avec l’art de la musique ; et plus particulièrement du jazz avec sa part d’improvisation » confie-t-elle.

« On travaille beaucoup la technique, on répète beaucoup, et les choses se mettent en place », poursuit l’altiste.
« Et puis vient le concert, là c’est le coup de feu, il faut servir, proposer quelque chose à déguster pour le public, qui va être éphémère et disparaître très vite ».
Afin d’élaborer de nouvelles saveurs musicales, Géraldine Laurent s’est entourée de la même brigade que sur son disque précédent : Paul Lay devant le piano, Donald Kontomanou à la batterie et la contrebasse de Yoni Zelnik pour apporter le liant.
« Cooking » est un clin d’œil à la gastronomie, mais aussi au titre d’un album de Miles Davis datant de 1956.
Son talent et sa persévérance lui ont valu de décrocher en 2008, non pas un macaron au Michelin, mais le Prix Django-Reinhardt du meilleur musicien de jazz de l’année. Elle a été d’ailleurs la première femme à décrocher ce prix depuis la création en 1954 de l’Académie du Jazz qui le décerne.

Par Christophe CHEYNIER / AFP